Le 31 janvier 2026 – Dans un contexte marqué par une intensification des partenariats énergétiques en Afrique du Nord, le groupe égyptien Petrojet a officiellement remporté un contrat d’envergure en Algérie, évalué à 1,087 milliard de dollars. Ce projet, centré sur le développement de la phase 2 du champ pétrolier de Hassi Bir Rekaiz, s’inscrit dans une dynamique de coopération régionale et de renforcement des infrastructures énergétiques. Cette avancée stratégique, annoncée en octobre 2025 et confirmée début 2026, souligne la volonté de l’Algérie de diversifier ses partenariats tout en consolidant sa souveraineté énergétique.
Ce contrat, signé en collaboration avec la société italienne Arkda S.p.A., marque une étape clé pour Petrojet, qui étend ainsi son influence sur la scène internationale. Il reflète également les ambitions de l’Algérie de moderniser ses infrastructures pétrolières, dans un contexte où le pays vise une production accrue de 200 milliards de m³ de gaz d’ici 2030 et le développement de projets d’hydrogène vert.
Cet article propose une analyse technique du contrat, une comparaison des acteurs impliqués, et une évaluation des retombées économiques pour l’Algérie et l’Égypte.
Contexte et enjeux du contrat Petrojet en Algérie
Un partenariat égypto-italien pour Hassi Bir Rekaiz
Le contrat signé entre Petrojet, Arkda S.p.A. et le complexe algérien de Hassi Bir Rekaiz porte sur la deuxième phase de développement de ce gisement pétrolier. Les travaux incluent :
- La construction d’infrastructures de forage avancées.
- L’optimisation des capacités de traitement du pétrole brut.
- L’intégration de technologies pour réduire l’empreinte carbone, en alignement avec les objectifs de transition énergétique de l’Algérie.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du plan de relance économique algérien, qui vise à attirer des investissements étrangers tout en renforçant les capacités locales. Pour Petrojet, ce contrat représente une opportunité de consolider sa position en Afrique du Nord, après des réalisations similaires en Libye et au Soudan.
Retombées économiques et géopolitiques
Les retombées de ce contrat sont multiples :
- Pour l’Algérie : Création d’emplois locaux, transfert de technologies, et augmentation de la production pétrolière, essentielle pour financer les projets de diversification économique.
- Pour l’Égypte : Renforcement de la crédibilité internationale de Petrojet, et possibilité de futurs contrats dans la région.
- Pour l’Italie : Arkda S.p.A. bénéficie d’un accès privilégié au marché algérien, dans un contexte de recherche de sécurité énergétique pour l’Europe.
Ce partenariat s’inscrit également dans une stratégie géopolitique plus large, où l’Algérie cherche à équilibrer ses relations avec les pays africains et européens, tout en réduisant sa dépendance aux partenariats traditionnels.
Chiffres clés du projet
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Montant du contrat | 1,087 milliard de dollars | Petrojet, Sonatrach (2025) |
| Durée des travaux | 36 mois (2026-2029) | Communiqué officiel (octobre 2025) |
| Capacité de production visée | +15% pour Hassi Bir Rekaiz | Ministère algérien de l’Énergie |
| Nombre d’emplois créés | ~2 500 (dont 60% locaux) | Estimations sectorielles |
Analyse comparative : Petrojet vs. autres acteurs du secteur en Algérie
Positionnement de Petrojet face à la concurrence
Petrojet, filiale du groupe Egyptian General Petroleum Corporation (EGPC), se distingue par son expertise en ingénierie pétrolière et construction d’infrastructures. Comparé à d’autres acteurs présents en Algérie, comme Sonatrach (leader national) ou TotalEnergies (opérateur international), Petrojet mise sur :
- Un coût compétitif grâce à une main-d’œuvre qualifiée et moins onéreuse que les entreprises européennes.
- Une proximité géographique facilitant la logistique et la collaboration avec les pays africains.
- Une expérience avérée dans des environnements complexes (déserts, zones côtières).
| Critère | Petrojet | Sonatrach | TotalEnergies |
|---|---|---|---|
| Expertise locale | Élevée (Afrique du Nord) | Maximale (Algérie) | Modérée (internationale) |
| Coût des projets | Compétitif | Variable (subventions étatiques) | Élevé |
| Innovation technologique | En développement | Modérée | Avancée |
| Présence en Algérie | En expansion | Dominante | Historique |
Perspectives pour les investisseurs étrangers
L’arrivée de Petrojet en Algérie pourrait stimuler la concurrence dans le secteur énergétique, incitant d’autres acteurs à proposer des offres plus compétitives. Pour les investisseurs, cela se traduit par :
- Une diversification des risques, avec l’entrée de nouveaux acteurs capables de livrer des projets clés en main.
- Des opportunités de partenariats pour les entreprises locales, notamment dans les domaines de la sous-traitance et des services pétroliers.
- Un cadre réglementaire plus dynamique, avec des appels d’offres potentiellement plus transparents.
Cependant, des défis persistent, notamment en matière de stabilité réglementaire et de fluctuations des prix du pétrole, qui pourraient impacter la rentabilité des projets.
Impact sur la souveraineté énergétique de l’Algérie
Renforcement des capacités nationales
Ce contrat s’inscrit dans la stratégie algérienne de renforcement de la souveraineté énergétique, avec plusieurs objectifs :
- Réduction de la dépendance aux importations de technologies et de services pétroliers.
- Développement de compétences locales grâce à des programmes de formation inclus dans le contrat.
- Préparation à la transition énergétique, avec l’intégration de normes environnementales strictes.
Le projet de Hassi Bir Rekaiz est un exemple concret de cette approche, combinant expertise étrangère et main-d’œuvre locale pour maximiser les retombées économiques.
Alignement avec les objectifs climatiques
Bien que centré sur le pétrole, ce contrat intègre des mesures de réduction des émissions, en ligne avec les engagements de l’Algérie dans le cadre de l’Accord de Paris. Parmi les initiatives prévues :
- Utilisation de technologies de capture du CO₂ pour les installations de traitement.
- Optimisation des processus pour réduire le gaspi énergétique.
- Préparation du site pour une future intégration de projets d’hydrogène vert.
Ces efforts démontrent la volonté de l’Algérie de concilier développement économique et responsabilité environnementale, un équilibre crucial pour attirer des investissements durables.
Perspectives pour le secteur énergétique algérien
À moyen terme, ce contrat pourrait accélérer la modernisation du secteur pétrolier algérien, avec des répercussions sur :
- La compétitivité des exportations algériennes de pétrole et de gaz.
- L’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers, notamment dans les énergies renouvelables.
- La création d’un écosystème industriel autour des hydrocarbures, incluant la pétrochimie et les énergies propres.
Cependant, le succès de cette initiative dépendra de la stabilité politique et de la capacité à gérer les fluctuations du marché énergétique mondial.
FAQ : Questions fréquentes sur le contrat Petrojet en Algérie
1. Quel est l’impact de ce contrat sur les relations égypto-algériennes ?
Ce contrat renforce significativement les relations entre l’Égypte et l’Algérie dans le domaine énergétique. Il s’inscrit dans une série de collaborations récentes, incluant des accords sur le gaz naturel et les énergies renouvelables. Pour les deux pays, cette coopération permet de :
- Mutualiser les expertises pour des projets communs en Afrique.
- Réduire les coûts logistiques grâce à une proximité géographique.
- Renforcer leur positionnement face à d’autres acteurs régionaux comme le Maroc ou la Tunisie.
À long terme, ce partenariat pourrait déboucher sur des initiatives communes dans l’hydrogène vert ou les infrastructures gazières transfrontalières.
2. Comment ce contrat s’intègre-t-il dans la stratégie énergétique algérienne à horizon 2030 ?
L’Algérie a défini une stratégie énergétique ambitieuse pour 2030, centrée sur :
- L’augmentation de la production gazière à 200 milliards de m³ par an.
- Le développement des énergies renouvelables (30% du mix énergétique).
- La modernisation des infrastructures pétrolières pour améliorer l’efficacité.
Le contrat avec Petrojet s’aligne parfaitement sur ces objectifs, en :
- Contribuant à l’optimisation de la production pétrolière.
- Favorisant le transfert de technologies pour les projets futurs.
- Préparant le terrain pour des investissements dans l’hydrogène vert, un pilier de la transition énergétique algérienne.
Ce projet est donc un levier stratégique pour atteindre les cibles fixées par le gouvernement algérien.
En conclusion, le contrat signé entre Petrojet et l’Algérie pour le développement de Hassi Bir Rekaiz représente une avancée majeure pour les deux pays. Pour l’Algérie, il s’agit d’un pas supplémentaire vers la souveraineté énergétique et la modernisation de son secteur pétrolier. Pour Petrojet, ce projet consolide sa réputation d’acteur clé en Afrique du Nord et ouvre la voie à de futures collaborations.
Dans un contexte mondial marqué par l’instabilité des prix de l’énergie et la transition vers des sources plus propres, ce partenariat illustre comment les pays producteurs de pétrole peuvent innover tout en préservant leurs intérêts économiques.
